LA PRONO-SUPINATION"

 


 

 

En fin de chapitre vous trouverez des photos et une vidéo, courte et précise, qui montrent comment se produit la prono-supination et le cubitus valgus.

 

 

 

La présentation qui est faite de la prono-supination en physiologie articulaire ne correspond pas totalement à la réalité.

 

Le mouvement en lui même est complexe, donc avant d'aller plus loin livrons nous à quelques petites expériences afin de mettre en évidence la base sur laquelle il repose.

 

Prenons par exemple un bout de câble électrique que l’on va plier en deux ( Fig.. 1)

 

 

(Fig.. 1)

 

 

-  Une boucle se forme, faisons une ligature afin de maintenir fermement la boucle en l’état. Posons le double cordon a plat sur une table,  immobilisons le système avec la main gauche à 30 ou 40 centimètres de la boucle, puis avec le tranchant de la main droite posé entre main gauche et boucle faisons rouler le double cordon dans un sens puis dans l’autre....Que se passe t-il ? Les deux cordons tournent dans le même sens entraînant la boucle dans le même mouvement que celui que fait une main durant la prono-supination…

 

 

Prenons maintenant deux bâtons ( R et C ), même tordus, côte à côte en parallèles ( Fig. 2 ). Immobilisons, d'un côté, les extrémités  entre elles avec une solide ligature (zone 2)…Nous pouvons obtenir exactement le même résultat qu’avec le câble plié en deux. Nous garderons les extrémités libres a plat sur une table durant les mouvements (zone 1)

 

                                           

(Fig. 2).

 

-  En faisant tourner R et C ensemble sur la table au niveau (1) comme ils sont liés entre eux au niveau (2)  ils ne peuvent tourner indépendamment sur eux même, la rotation engendrée en (1) va se poursuivre en (2) par un vrillage des deux éléments entre eux…. C’est sur ce principe que l’on fabrique les cordages...

 

- Nous obtenons le même résultat en ne faisant tourner que l’élément R. La rotation engendrée sur R au niveau (1) provoque au niveau (2) le vrillage de R avec C qu'il entraîne alors dans le mouvement, provoquant la rotation de C au niveau (1)

Ces images nous montrent comment se produit le vrillage de deux éléments entre eux.

Notons que le vrillage se produit autour d'un axe qui se situe obligatoirement entre les éléments, qu'il y en ai un, il s'enroule autour de l'axe c'est une vrille simple, deux ou plusieurs.

 

C'est sur ce principe  que se produit la prono-supination.

 

Dans le mouvement de prono-supination nous trouvons deux éléments directement concernés: Le radius et le cubitus

 

En considérant ces deux éléments nous découvrons deux niveaux: le niveau inférieur côté poignet et le niveau supérieur côté coude.

 

La base, l'origine, le "moteur" du mouvement est la liberté en rotation du radius.

 

Regardons ce qui se passe aux différents niveaux durant la prono-supination.

 

Que se passe t-il au niveau du poignet ?

 

Entre les deux positions extrêmes du mouvement de prono-supination nous trouvons une position neutre qui se prend naturellement lorsque les bras pendent le long du corps, ou lorsque nous sommes assis a une table en posant coude et avant bras sur celle-ci.

Durant les observations suivantes nous garderons cette dernière position comme référence.

 

Dans cette position neutre, au niveau inférieur le radius est au dessus du cubitus sur un plan vertical plus ou moins incliné vers l'intérieur  alors qu'au niveau supérieur ils sont côte a côte sur un plan horizontal plus ou moins incliné aussi vers l'intérieur. Ces deux éléments se trouvent donc déjà naturellement en position de vrillage lorsqu'ils se trouvent au neutre.

 

Pour parvenir en pronation en partant du neutre il faut prolonger le vrillage, pour revenir au neutre il se produit un "dévrillage", si nous prolongeons celui-ci nous arrivons en supination.

Nous pouvons alors remarquer durant le vrillage et le dévrillage qu'il se produit un déplacement circulaire des deux extrémités inférieures autour d'un axe, l'axe de vrillage. (Fig. 3, Fig. 4 et Fig. 11 dernier chapitre).

Pour parvenir à la pronation en partant de la position de supination (Action de vrillage), le radius en tournant autour de l'axe de vrillage se déplace vers l'intérieur tout en montant alors que le cubitus se déplace vers l'extérieur tout en descendant. Arrivé au point haut, au neutre donc, le radius poursuit sa ronde vers l'intérieur tout en descendant alors que le cubitus, au point bas, poursuit sa route vers l'extérieur tout en montant.

 Donc déplacement circulaire au niveau inférieur pour chacun des éléments alors qu'ils se croisent ou se décroisent dans l'espace par rapport a l'axe de vrillage. Déplacement circulaire qui peut se décomposer en deux déplacements simultanés, un sur le plan horizontal et l'autre sur le plan vertical.

 

 

 

 

 

                       

Que se passe t-il au niveau du coude entre humérus et radius ?

 

Le radius possède une liberté de rotation sur lui même, la rotation indispensable pour engendrer le mouvement de vrillage comme nous l'avons vu durant les expériences (Fig. 1et 2)

Donc durant la prono-supination le radius tourne sur lui même, dans un sens et dans l'autre, en plus il se déplace au niveau inférieur autour de l'axe de vrillage...Cette association ne pose aucun problème puisque l'articulation concernée, l'huméro-radiale, est une rotule. Le condyle correspond à l'élément mâle et la cupule a l'élément femelle. L'axe de rotation du radius rejoint l'axe de flexion extension au centre de la portion de sphère autorisant les déplacements sur tous les plans, flexion extension comprise.

 

 Quand est-il entre humérus et cubitus ?

En considérant cette articulation, l'huméro-cubitale, il est difficile d'imaginer la rotation  du cubitus sur lui même...

 Nous avons vu que vrillage et dévrillage, au niveau inférieur, engendrent un déplacement circulaire du radius et du cubitus autour de l'axe de vrillage sollicitant les deux extrémités simultanément sur deux plans perpendiculaires, donc ces deux déplacements simultanés se répercutent automatiquement au niveau supérieur sollicitant radius et cubitus.

Une trochléenne travaille sur un seul plan, ce qui veut dire qu’elle ne possède qu’un seul axe… ? 

Les dessins, radios et photos du livre d'anatomie de A.BOUCHET et de J.CUILLERET montrent clairement que  le versant interne de la trochlée humérale prédomine nettement sur le versant externe et qu'il est concave sur deux plans, ce constat doit nous faire penser que ce versant est le seul concerné et que ce n'est qu'une portion de sphère sur laquelle vient s'emboîter le versant correspondant de la grande cavité sigmoïde du cubitus...Donc cette articulation est une rotule. (Fig. 5) Dans ce cas le centre de la sphère se trouve lui aussi sur l'axe de flexion extension côté interne du cubitus, l'articulation est asymétrique. Montage qui autorise les déplacements selon les deux plans que nous avons mis en évidence durant le vrillage. Où se situent les deux axes concernés ?

 Fig. 5

 

-1 l'axe de flexion extension est commun aux trois éléments radius, cubitus et humérus, il permet donc les déplacements sur le plan vertical du cubitus (Coude et avant bras sur une table) au cours de la prono-supination.

 

-2 L'axe autorisant les débattements latéraux sur le plan horizontal du cubitus ( coude... sur une table)  passe lui aussi au centre  de la portion de sphère qui compose le versant interne de la trochlée humérale et qui se trouve sur l'axe de flexion extension, il est perpendiculaire avec ce dernier. L'amplitude nécessaire est faible.

 Ces déplacements latéraux au niveau supérieur sont possibles car l'amplitude des débattements est presque imperceptible pour la bonne raison qu'ils se trouvent a l'origine même du mouvement. Par contre l'axe de rotation du cubitus qui existe aussi est limité par le fond de la trochlée et ne peut s'exprimer totalement, axe qui passe lui aussi par le centre de la portion de sphère. Une ébauche guidée de rotation du cubitus sur lui même se manifeste.... (Chapitre suivant)

 

Les amplitudes du radius et du cubitus, par rapport a l'axe de vrillage, sur les deux plans concernés durant la prono-supination sont simples a déterminer connaissant les dimensions des éléments ( Section et longueur ) et leur déplacement  au niveau inférieur...( Fig. 3)

En prélevant les mensurations de l'avant bras sur un squelette en plastique nous parvenons aux chiffres suivants. Nous pouvons penser à des valeurs moyennes variant faiblement d'une personne à une autre. (Fig. 6 vue de dessus et de profil, échelle 1/2)

 

 

 

 

Figure 6

 

 

La valeur du rayon du déplacement circulaire du cubitus autour de l'axe de vrillage au niveau inférieur est d'environ 7 millimètres, ce qui nous permet d'établir que l'axe de rotation du cubitus engendre un cône d'angle au sommet d'environ 4 degrés.

Concernant le radius son déplacement circulaire se produit avec un rayon de l'ordre de 14 millimètres  Ce qui nous montre un cône de débattement avec un angle au sommet d'environ 8°. Sensiblement le double des valeurs du cubitus, a cause de sa plus grande section au niveau inférieur, différence qui a un rôle a jouer dans le cubitus valgus... Un autre phénomène entre en jeu, voir plus loin.

 

 

 

L'ARTICULATION RADIO-CUBITALE  SUPERIEURE.

Considérons le col du radius, de la cupule jusqu'a la tubérosité bicipitale. (Fig. 7)

 

 

La cupule est perpendiculaire au col (Fig. 7, vue de profil) mais l'axe de celui-ci n'est pas dans le prolongement de la diaphyse car il y a une "cassure", un coude, au niveau de la tubérosité bicipitale, donc la cupule est inclinée par rapport a la diaphyse. L'axe du col passe par le centre de la cupule pour rejoindre le centre du condyle sur l'axe de flexion extension, tout comme l'axe de rotation du radius, mais ce dernier ne passe pas par le centre de la cupule, donc cette dernière est désaxée.....( Vue de dessus ). Si l'axe du col, donc de la cupule, était sur l'axe de rotation du radius celle-ci tournerait simplement sur elle même, mais comme la cupule est désaxée son centre tourne autour de l'axe de rotation (Petit cercle désaxé) et son pourtour  circulaire devient un excentrique. En pointillés a l'extérieur  le parcours que ferait le point ( S ) si le radius pouvait faire un 360°.

En conclusion non seulement la cupule est excentrée par rapport a l'axe de rotation mais elle est aussi inclinée ( vue de profil ) par rapport a celui-ci.

A noter que la diaphyse du radius est naturellement vrillé comme celle du cubitus, ce qui facilite l'amplitude de la pronation, nous pouvons constater cette forme caractéristique sur une radio de l'avant bras en pronation.²

 

Durant le vrillage qui conduit de la supination a la pronation, et inversement, nous avons vu qu'il se produit simultanément deux déplacements au niveau inférieur du radius et du cubitus. Ceux-ci se répercutent donc au niveau supérieur et engendrent simultanément rapprochement et croisement du radius et du cubitus au niveau supérieur.

Sur le plan horizontal ( coude... sur une table ) le rapprochement, puis l'écartement dans le mouvement inverse, est compensé par la tête radiale désaxée et inclinée qui en tournant se comporte comme un excentrique.

Simultanément sur le plan vertical, des que commence la pronation, le croisement des éléments engendre la montée du radius et la descente plus faible du cubitus, là encore la somme des deux déplacements est compensée par la tête radiale.

 

La zone de contact, une partie du pourtour de la tête radiale, avec la petite cavité sigmoïde change en continu durant toute la prono-supination et donc son profil se modifie tout au long du mouvement.

En partant de la position de supination la zone alors en contact de la tête radiale est celle qui se trouve la plus éloignée de l'axe de rotation et qui se trouve aussi au plus haut dans la petite cavité sigmoïde (Côté coude), lorsque la rotation commence le contact change, il descend le long de la petite cavité pour atteindre la position basse en fin de pronation grâce a l'inclinaison de la cupule.

 En même temps, alors que la zone du pourtour en contact descend, l'axe de rotation se rapproche de la petite cavité sigmoïde grâce à l'excentration de la cupule... Et inversement dans l'autre sens. Mais ce n'est pas tout, pour cela considérons la radio-cubitale supérieure de plus près.

 

La vue de dessus et la vue de profil des axes  du radius et du cubitus (Fig. 6) nous montre la valeur de l'angle au sommet du cône que produit dans l'espace l'axe du radius. Si au niveau inférieur le déplacement circulaire du radius autour de l'axe de vrillage se fait selon un rayon d'environ 14 millimètres, au niveau de la cupule le rayon du cercle produit par le déplacement circulaire de l'axe du radius n'est plus que de l'ordre de un petit millimètre, néanmoins cette valeur s'ajoute a l'amplitude d'excentration de la cupule.

 

Considérons la radio-cubitale (cupule et petite cavité sigmoïde) vue du niveau inférieur, de dessous bras pendant.

 

Prenons un angle de visée tel que le centre de la cupule en supination vu de l'extrémité inférieure soit aligné sur l'axe de flexion extension en arrière plan, même chose pour l'axe de rotation au niveau de la cupule, donc ces points se trouvent sur le même plan (Fig. 8 croquis 1, échelle 2).

Les axes de rotation (radius et cubitus) trouvent leur origine au centre de chaque articulation, donc sur l'axe de flexion extension qui reste fixe.

 

 

Figure 8

 

En supination (Croquis 1) c'est la zone du pourtour de la cupule la plus éloignée de l'axe de rotation qui est en contacte au centre de la petite cavité (point S), des que commence la rotation vers le neutre celle ci descend sur le plan vertical vers la zone basse de la petite cavité. L'axe de rotation suit le mouvement circulaire engendré au niveau du poignet ( matérialisé par le petit cercle a cheval sur l'axe de flexion extension ), il monte et se déplace vers l'intérieur accompagné par la zone du pourtour la plus proche de lui, ce qui veut dire que la distance entre l'axe de rotation et la petite cavité diminue par le haut ( croquis 2 )...l'axe du cubitus, a l'opposé par rapport a l'axe de vrillage, suit aussi son trajet circulaire qui descend mais avec une amplitude plus faible, et comme la zone du pourtour de la cupule en contact dans la petite cavité  ( la plus éloigné de l'axe ) descend plus bas sur le plan vertical elle provoque une contrainte en rotation sur la petite cavité sigmoïde qui doit suivre le mouvement moteur. La zone la plus éloignée agit sur la partie basse de la petite cavité comme une dent d'engrenage sur son homologue. Cette rotation se produit selon un arc de cercle sur environ 4° pour se stabiliser en arrivant au neutre ( N ). Le bras de levier est important, et correspond à la distance entre la petite cavité et l’axe de rotation du cubitus.

 

Dès que la zone du pourtour la plus proche de l'axe de rotation ( P ) pénétrera dans la petite cavité la zone du pourtour qui se présente derrière commencera a s'éloigner de nouveau de l'axe de rotation ce qui aura pour effet de faire remonter la petite cavité en imposant une rotation inverse au cubitus, rotation de quelques fractions de degrés ( P sensiblement au milieu de la petite cavité )...Valeur variable fonction de l'amplitude de pronation propre a chacun. Durant le retour en supination l'inverse se produit, d'abord légère descente puis montée jusqu'a la position de supination.

 

Si la cupule pouvait tourner sur 360° la petite cavité ferait l'essuie-glace.

La descente de la petite cavité sigmoïde commencerait dès que la zone de la cupule la plus éloignée de l'axe arriverait par le haut a l'entré de la petite cavité ( Point S un peu avant la position se supination) pour se poursuivre jusqu'a l'arrivé de la zone la plus proche de l'axe de rotation à l'entrée de la petite cavité, soit pendant 180°. La remonté commencerait dès que cette dernière zone pénètrerait dans la petite cavité pour se poursuivre jusqu'a ce que la zone la plus éloigné de l'axe de rotation arrive a nouveau à l'entrée de la petite cavité bouclant les 360°.

 

Ceci nous montre que l'axe de rotation du cubitus, bien que limité dans ces débattements, intervient réellement.

 

 En conclusion la cupule intervient simultanément sur les deux plans mentionnés tout en sollicitant l'axe de rotation du cubitus afin d'assurer les compensations nécessaires durant la prono-supination. Les amplitudes sont faibles car la cupule est très proche du centre du condyle.

 

 La plus grande largeur de la bande de glissement de la tête radiale se trouve être la zone correspondant au neutre ( N ) la largeur de la bande de glissement diminue progressivement de chaque côté de celle-ci. En direction du point de supination ( S ) zone la plus éloignée de l'axe de rotation et en direction de la pronation ( P ) la zone la plus proche de l'axe de rotation.  Modification du profil visible sur radios.

 

Déplacements sur deux plans plus rotation du radius...Nous retrouvons a ce niveau les trois dimensions. Ce qui veut dire que la partie concernée du pourtour de la cupule possède deux courbures convexes perpendiculaires entre elles et que la petite cavité sigmoïde du cubitus est concave seulement d'avant en arrière, donc cylindrique de haut en bas, car durant les rotations le bord de la cupule monte et descend ...

 

Au niveau de cette articulation le radius par l'intermédiaire de la cupule guide, pilote le cubitus. Entre autre, la cupule qui "travaille" dans la petite cavité sigmoïde gère l'amplitude en rotation du cubitus tout en contribuant à son maintien en position sur le versant interne de la trochlée humérale. La radio-cubitale supérieure procure aussi un renfort appréciable pour la tête du radius très sollicité durant la prono-supination et la flexion extension. Assemblage qui rend l'articulation du coude plus compact.

 

A ce sujet, en soulevant une charge a bout de bras, la flexion de l'avant bras sollicite lourdement l'huméro-cubitale et surtout l'huméro-radiale, c'est alors que nous prenons conscience du rôle essentiel de la radio-cubitale supérieure.

L'huméro-radiale est relativement fragile de part son propre montage. La cupule n'est pas très "enveloppante", sa surface portante sur le condyle est assez réduite et de plus en supination elle est inclinée vers l'extérieur ce qui a pour effet sur le plan antéro-posterieur de diminuer son efficacité car la surface en contact sur le condyle est latérale interne.

L'insertion  du biceps sur la tubérosité bicipitale dirige sa puissance sur la radio-cubitale positionnée entre les deux articulations du coude procurant une poussée bénéfique ( Effet coin ) canalisée par le pourtour de la cupule dans le petite cavité sigmoïde... 

Cet appui du pourtour de la cupule dans la petite cavité sigmoïde est essentiel pour maintenir celle-ci sur le condyle.

En partant de la supination, biceps sous tension, pour aller vers la pronation cet appui a une grande importance jusqu'au moment ou la cupule se trouve en zone arrière du condyle, car la position de sa surface en contact sur le condyle devient alors idéale par son inclinaison avant haute. Position idéale obtenue dans la zone neutre la plus sollicitée.

 

A chaque instant de la prono-supination la pression exercée sur la radio-cubitale en charge par la puissance du biceps se répercute  simultanément sur la cupule toujours bien orienté et sur le versant de la grande cavité sigmoïde du cubitus qui garde ainsi son contact avec le versant concerné de la trochlée.

 

Toutes ces observations, sans oublier que la cupule est désaxée, nous permettent de dire que l'huméro-radiale est, comme son homologue l'huméro-cubitale, une articulation asymétrique. La cupule se retrouve tout au long de la prono-supination en opposition avec le versant interne de la grande cavité sigmoïde.

 

Ce qui précède nous montre que nous pourrions nous passer de la radio-cubitale supérieure, la supprimer, à une seule condition...?

 

 

Qu'est devenue la rotation du cubitus durant la prono-supination, puisque les expériences montrent que les deux éléments sont obligatoirement sollicités en rotation ?

 

Nous avons vu qu'il existe une "liberté" au niveau de la radio-cubitale inférieure, celle-ci autorise aussi un déplacement particulier du radius autour du cubitus, I.A KAPANDJI l'a qualifié de: " translation circonférentielle de l'extrémité inférieure du radius autour du cubitus."

 

 Sauf que durant la prono-supination le radius n'est pas seul en cause. La rotation du radius sur lui même provoque son vrillage avec le cubitus au niveau inférieur donc le déplacement circulaire autour de l'axe de vrillage des deux éléments mais sans provoquer a ce niveau la rotation du cubitus sur lui même car celle-ci est "absorbée" par la translation circonférentielle. N'oublions pas que la cupule qui évolue dans la petite cavité sigmoïde pilote le cubitus dans une ébauche de rotation dont le sens est opposé a celui du radius au cours de la pronation...?  Petite rotation qui s'arrête en arrivant au neutre pour reprendre dans le bon sens restituant a la translation circonférentielle la presque totalité de son amplitude.

En conclusion la radio-cubitale inférieure autorise la translation circonférentielle du radius autour du cubitus mais ainsi simultanément le déplacement circulaire des deux éléments ensembles autour de l'axe de vrillage. Comme la translation circonférentielle se fait autour de la tête du cubitus  son axe se trouve donc au centre de la courbure de cette tête. Les déplacements, sur les deux autres plans mentionnés se font aussi entre radius et cubitus, plus précisément entre cavité sigmoïde et tête cubitale comme pour la translation circonférentielle, ce qui implique obligatoirement que la tête cubitale possède un second plan de courbure perpendiculaire au précédent...Car nous retrouvons encore les trois dimensions.

 

 

Certaines observations sont à prendre en considération!

 

Coude droit posé sur la table, avant bras vertical, main relâchée, penchons l'avant bras en avant et la main va tourner toute seule dans le sens de la pronation, inclinons l'avant bras vers l'épaule et légèrement vers l'extérieur et la main va tourner toute seule à l'opposé dans le sens de la supination. La main peut donc se déplacer librement sur tout un secteur.

 Ce secteur correspond aux amplitudes les plus courantes de la vie quotidienne. Son débattement se produit environ sur 110 à 120° Maximum et nous fait penser qu'il correspond précisément à la translation circonférentielle du radius autour du cubitus. D'ailleurs les possibilités de l'articulation radio cubitale inférieure n'autorise pas un débattement plus important en translation circonférentielle.

 

Toujours dans cette position, avant bras vertical main relâchée, le prolongement de la pronation demande une sollicitation musculaire, relâchons cette dernière et la main revient vers le secteur neutre. Autant dans l'autre sens en prolongeant la supination. ( Fig. 9 )

Nous serions en droit de penser qu'une fois la translation circonférentielle arrivée a son maximum, en buté, le prolongement de la pronation comme celui de la supination ne serait possible qu'avec une rotation du cubitus! Rotation très faible, un ou deux degrés, ce serait suffisant, mais ce serait oublier que l'axe de rotation du cubitus bien que sollicité par la radio-cubitale inférieure est sous le contrôle de la radio-cubitale supérieure.

 

 

                       

 

Le prolongement de la pronation, comme de la supination, se produit sous action musculaire, contrainte qui sollicite les deux articulations radio-cubitale donc leur système ligamentaire mais surtout qui comprime toute la masse musculaire très élastique entre radius et cubitus  autorisant les quelques degrés supplémentaires, degrés qui disparaissent des que l'action musculaire cesse.

 

 

Lorsque l'avant bras est en extension complète le bec de l'olécrane au fond de la fossette, l'amplitude de la pronation diminue de façon sensible, relâchons le triceps et il devient possible de poursuivre la pronation sur quelques degrés de plus ...?

Le déplacement circulaire du radius et du cubitus autour de l'axe de vrillage se répercute au niveau supérieur donc l'olécrane subit lui aussi ce déplacement, mais comme il est au dessus de l'axe de flexion extension celui-ci se produit a l'inverse. Quand l'extrémité inférieure du cubitus descend sur le plan vertical l'extrémité de l'olécrane monte, même chose sur le plan horizontal entre intérieur et extérieur, ce qui a pour conséquence lorsque l'avant bras est en extension complète sous contrainte musculaire de bloquer la pronation avant que le mouvement ne soit arrivé a son maximum. En relâchant le triceps l'avant bras fléchie faiblement mais suffisamment pour que le bec de l'olécrane quitte le fond de la fossette, il peut se déplacer a nouveau permettant a la pronation d'achever sa course. Bien sûr l'amplitude des déplacements, là encore, est très faible mais réelle car ils sont très proches de leur axe respectif.

 

 

Cubitus valgus

 

L’avant bras est a plat sur une table en supination dans le prolongement du bras. (Fig. 6)

Nous pouvons constater que le cubitus est plus grand que le radius, c’est cette différence qui engendre le cubitus valgus. Si les deux éléments avaient la même longueur le triangle engendré serait un triangle isocèle, et la médiane serait perpendiculaire a l'axe de flexion extension....Il n'y aurait pas de cubitus valgus, le vrillage se ferait sur place.

 

Nous savons que lorsque commence le vrillage vers la pronation chaque élément, au niveau inférieur, tourne autour de l’axe de vrillage. Le radius monte et se déplace vers l’intérieur, et le cubitus descend et se déplace vers l’extérieure, ce qui veut dire que la distance respective de l’extrémité de chacun par rapport a l’axe de flexion-extention change en continu.

L’extrémité du radius s’écarte de l’axe de flexion-extention puisqu’il se rapproche de sa verticale, et l’extrémité du cubitus lui s’approche de l’axe de flexion-extention puisqu’il s’éloigne de sa verticale, Un antagonisme qui pourrait avoir pour conséquence, puisque les extrémités sont liées entre elles, de provoquer le blocage du vrillage…. ?

La solution réside dans un déplacement simultané de l’axe de vrillage vers l’intérieur dès que commence le vrillage (rotation des 2 éléments autour de l’axe de vrillage) ;

Ainsi l’extrémité du radius s’éloigne plus vite de l’axe de flexion-extention car il va dans le même sens que l’axe de vrillage.

 L’extrémité du cubitus voudrait se rapprocher de l’axe de flexion-extention mais sa progression vers l’extérieur est annulée par le déplacement plus ample et plus rapide de l’axe de vrillage, ce qui génère pour le cubitus une différence de vitesse de déplacement jusqu a la pronation.  Le phénomène inverse  se produit durant le dévrillage vers la supination.

Ce déplacement vers l’intérieur de l’axe de vrillage, auquel s’ajoute la largeur de l’extrémité du radius qui passe à l’intérieur, est à l’origine de l’effacement du cubitus valgus.

 

 

 


 

Pour information : Après cette présentation sur l'articulation du coude j'ai déposé, en août 2006, un brevet de prothèse totale du coude.

 

Une Première mondiale qui restitue toutes les fonctions de l'articulation : flexion-extension et prono-supination. Que va-t-elle devenir ?

 

 

 

Voir les photos des répliques.

 

Celles-ci permettent de constater, et surtout de contrôler tout ce qui précède.

 

 

Apres avoir  élaboré et  présenté le fonctionnement du coude, j’ai matérialisé le processus de la prono-supination en fabricant une réplique, que je vous présente, afin de contrôler le fonctionnement de cet ensemble.

Pour cela  j’ai matérialisé uniquement les éléments virtuels qui participent à ce mouvement, à savoir tous les axes concernés, mais aussi les 4 articulations impliquées. Voir les photos…Et la vidéo.

(Cette réplique est à l’échelle 1, comme la suivante en bois)

Les répliques représentent l’avant bras droit posé a plat sur un plan horizontal.

 

Voir la vidéo